Les Etats-Unis 1917-1991

Les Etats-Unis

&

le monde (1917-1991)


 

Problématique du chapitre :

Comment, au travers des deux conflits mondiaux, les États-Unis, puissance mineure au début du siècle, s’affirment comme la puissance majeure du xxe siècle ?

 

 


 

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  PLAN DU COURS

Introduction

  • L’Europe et le Monde avant 1914

 

1° partie

  • 1917-1945 :Les Etats-Unis deviennent une puissance mondiale

2° partie

  • 1945-1991 : Un nouvel ordre mondial

Introduction

 

a) Le monde et l’Europe avant 1914

En 1914, l'Europe domine le monde. Les États européens se différencient entre eux par leurs systèmes politiques et leur développement économique.

La France, la Grande-Bretagne  sont des régimes démocratiques : un parlement élu détient le pouvoir. En revanche, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et la Russie sont des régimes autoritaires, le pouvoir appartient à l'empereur, au tsar ou au roi, et le parlement ne joue aucun rôle.

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Au début du XX° l'Europe rayonne sur le monde (Empire coloniaux britanniques, français….). Avec environ 450 millions d'habitants, elle rassemble le quart de la population mondiale et constitue de très loin le continent le plus moderne et le plus riche.

Emp

 

Les États-Unis sont depuis 1900 la première puissance productive (le Royaume-Uni reste la première puissance économique) du monde. Le Japon est déjà une grande puissance industrielle et militaire (plusieurs victoires sur les Russes, dont une en 1905).

En 1917, Révolution russe  met fin à l’empire du Tsar Nicolas II.

http://education.francetv.fr/epoque-contemporaine/troisieme/video/les-debuts-de-la-revolution-russe-apocalypse-la-1ere-guerre-mondiale

 

1917-1945 : LES ETATS-UNIS DEVIENNENT  UNE PUISSANCE MONDIALE

En 1912, le démocrate Wilson est élu à la présidence des E.Unis et fait adopter des réformes progressistes : droit de vote des femmes, création d'un impôt sur le revenu...

A la veille du premier conflit mondial (1914), les États-Unis constituent une grande puissance économique - bien qu'elle n'ait pas encore dépassé l'Europe. La population continue de s'accroître à un rythme très soutenu, malgré les bornes posées à l'immigration (interdiction de l'immigration chinoise, refus des illettrés...).

 

        Les États-Unis dans la 1ère Guerre (14-18)

Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale (1914-1918) en Europe, les dirigeants américains n'ont aucune envie d'aller s'empêtrer dans ce conflit. Le président Wilson (démocrate) a été élu en 1912 et réélu en 1916 sur un programme isolationniste . Il  proclame la neutralité totale de son pays, tout en réfléchissant à la façon de jouer un rôle de faiseur de paix entre les protagonistes. Toutefois, sur le plan commercial, les États-Unis sont loin d'être neutres : les exportations vers l'Allemagne s'effondrent, tandis que la fourniture de matériel militaire, de matières premières et de vivres aux puissances de l'Entente (France, GB) s'intensifie.

La guerre sous-marine menée par l'Allemagne provoque finalement l'entrée en guerre des États-Unis. Le paquebot Vigilentia est torpillé en mars 1917 par un sous-marin allemand, sort déjà réservé en 1915 au Lusitania. Ces violations de la liberté des mers, pilier de l'économie américaine, conjuguées à la publication du «télégramme Zimmermann», qui révèle des manœuvres allemandes au Mexique pouvant aboutir à l'annexion du sud des États-Unis, conduisent le Congrès à voter l'entrée en guerre le 6 avril 1917.

Video education tv entrée en guerre E.U

 

Gal32 bouchor 002z Soldats français et américains en 14-18 (Source : L'Histoire par l'image)

L'intervention américaine est bienvenue pour des alliés épuisés. Et leur intervention amène la victoire. À la fin de la guerre, les troupes américaines, dirigées par le général Pershing, regroupent plus de 2 millions de soldats en Europe.

Le président Wilson propose à l’opinion publique mondiale une nouvelle diplomatie (« new diplomacy ») : ce sont les  « Quatorze Points » du 8 janvier 1918 (voir situation A)

 

 

A partir de novembre 1918

Après l'armistice du 11 novembre 1918, la paix est établie sur le fondement des quatorze points énoncés par le président Wilson  , qui font de la démocratie et la liberté des marchés les deux piliers des relations internationales, et notamment le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » ou autodétermination, ce qui aura une forte influence dans les mouvements de décolonisation.  Des idées idéalistes de Wilson naitra la S.D.N (1919-1946) qui sera remplacée par l’O.N.U en 1945.

http://education.francetv.fr/video/wilson-et-la-1re-guerre-mondiale

Dans le même temps, le monde asssiste à la naissance de la Russie bolchevique (communiste) qui est perçue comme une nouvelle menace par les États-Unis.

Lorsqu’à lieu le Traité de Versailles (1919) qui  dessine les nouvelles frontières de l’Europe après la défaite des empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie, Turquie, Bulgarie) les Etats-Unis sont  devenus, à la place du Royaume-Uni, la première puissance mondiale.    

http://education.francetv.fr/epoque-contemporaine/terminale/video/le-traite-de-versailles-apocalypse-la-1ere-guerre-mondiale

Paradoxalement, alors que ses principes triomphent sur la scène internationale, Wilson se trouve affaibli dans son pays par l'opposition des républicains et des isolationnistes. Le Congrès refuse de ratifier le traité de Versailles qui implique la création de la Société des Nations. Les États-Unis restent donc en dehors de la SDN ce qui prive la SDN de la participation décisive de la première puissance mondiale et les E .U entrent dans une nouvelle période d'isolationnisme, repliés sur leur prospérité.

http://footage.framepool.com/fr/shot/757386799-quatorze-points-de-wilson-conference-de-paix-de-paris-1919-traite-de-versailles-societe-des-nations

 


 

L’Entre-deux-guerres (1921-1933) : de la New diplomacy à l’isolationnisme

La priorité des États-Unis est de créer et préserver les conditions nécessaires à leur prospérité. C’est America First ( « l'Amérique d’abord ») .

 L'isolationnisme relatif de l'Entre-deux-guerres

 1921 à 1933. Les businessmen reviennent aux affaires et le mythe du «laisser-faire» économique s'impose. La politique d'immigration se durcit, afin de limiter l'entrée sur le territoire d'éléments ni anglo-saxons, ni protestants.   La prohibition de l'alcool entraîne le développement du gangstérisme.

À l'extérieur, les États-Unis sont depuis la fin de la guerre les créditeurs du monde. Ils disposent également de 40% des stocks d'or mondiaux. Ils usent de la «diplomatie du dollar» plutôt que des forces armées pour imposer leurs vues   .

 

La crise de 1929 et le New Deal

La forte croissance industrielle américaine des années 1920 est remise en cause à partir de l'automne 1929, une crise économique sans précédent, liée à la surproduction qui sature le marché, à la multiplication des crédits et aux abus de la spéculation, secoue les États-Unis.

Le «jeudi noir» de Wall Street voit la bourse s'effondrer, prise dans une spirale de panique. La production industrielle s'effondre également, le chômage explose, - il touche 15 millions d'Américains en 1933-, les faillites se multiplient.

Cest le krach boursier de Wall Street à l’origine de la Grande dépression économique mondiale des années 1930.   

L'économie américaine est très gravement touchée jusqu'en 1932 et cette crise aura des conséquences sur la montée du nazisme en Allemagne.

 

 


 

 

Les raisins de la colère, film de John Ford, d'après le roman de J. Steinbeck (1939):

Expropriée de ses terres, une famille de fermiers traverse les Etats-Unis à la recherche d'un emploi. Mais dans ces années de crise, ils ne rencontrent que spoliation et injustice.

 

Le  New Deal

En 1932, le président démocrate Roosevelt change la donne. Roosevelt lance le New Deal (Nouvelle Donne), vaste programme de réorganisation de l'économie : dévaluation de la monnaie, abandon de l'étalon or, programme de grands travaux générateurs d'emplois, création d'une allocation chômage. Malgré l'opposition des milieux d'affaires et de la Cour Suprême, Roosevelt est réélu en 1936.

Dans les années 1930,   ils conservent une posture isolationniste vis-à-vis de l'Europe, où la crise économique a précipité l'accession de Hitler au pouvoir. De 1935 à 1937, le Congrès vote toute une série de lois de neutralité.

http://education.francetv.fr/epoque-contemporaine/troisieme/video/roosevelt-et-la-fin-de-l-isolationnisme-americain

A partir de la fin des années 1930 (surtout depuis 1937, alors que le Japon envahit la Chine), Roosevelt souhaite sortir le pays de l’isolationnisme   mais il doit attendre mars 1941 pour lancer la loi « prêt-bail » (les États-Unis prêtent au Royaume-Uni resté seul en guerre contre l'Allemagne et l'Italie ; dès juillet 1941, le bénéfice en est étendu à l'URSS envahie)

La Charte de l’Atlantique en août 1941 (Roosevelt entreprend avec le premier ministre britannique Winston Churchill de jeter les fondements d'une nouvelle politique internationale pour l'après guerre).

Les commandes militaires européennes affluent et l'investissement reprend donc fortement en 1941 (avant même l'entrée en guerre). 


 

 La Seconde Guerre mondiale

Comme pour la Première Guerre mondiale, au départ, les États-Unis ne réagissent pas directement. Le comité America First, (« L’Amérique d’abord ») une association isolationniste influente, fait pression pour maintenir les États-Unis hors de la guerre. 

En mars 1941, ils votent toutefois la loi prêt-bail, qui leur permet de devenir l'arsenal de la Grande-Bretagne. En août 1941, Roosevelt rencontre Churchill, sur un navire de guerre dans l'Atlantique. Les deux hommes adoptent la charte de l'Atlantique, une déclaration qui condamne la tyrannie nazie et pose les principes qui devront prévaloir après la guerre, notamment le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et le désarmement.

Le 7 décembre 1941, les Japonais attaque par surprise la base américaine de Pearl Harbor (Pacifique-Hawaï)) ce qui provoque l’entrée des États-Unis dans la 2° guerre mondiale.

http://education.francetv.fr/epoque-contemporaine/troisieme/video/l-attaque-de-pearl-harbor-7-decembre-1941-apocalypse-la-seconde-guerre-mondiale

 Le pays met alors sa formidable puissance économique et industrielle au service de la victoire.

La mobilisation de toute l'énergie nationale permet d'exorciser définitivement le spectre de la crise de 1929. Les Américains interviennent sur plusieurs fronts en Europe, en Afrique du Nord et dans le Pacifique, jouant un rôle décisif dans le dénouement du conflit. Le président Roosevelt, triomphalement réélu pour un quatrième mandat en 1944, meurt quelques semaines avant la capitulation de l'Allemagne. À son successeur Truman revient la charge de donner le coup de grâce au Japon, par les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.

 

 

http://www.tv5monde.com/apocalypse/L-arme-absolue,91?bonus=191

Le nouvel ordre mondial qui émerge de la Seconde Guerre mondiale se fonde sur les principes de la Charte de l'Atlantique. Propulsés gendarme du monde, les États-Unis sont aussi devenus la première puissance économique du monde devant une Europe exsangue et en ruines.

Rompant avec leur isolationnisme traditionnel, les États-Unis s'engagent dans un système d'alliances qui fait d'eux les garants de la sécurité européenne face à la menace soviétique.

  La grande alliance qui unissait États-Unis, URSS et Angleterre face à Hitler prend fin avec la proclamation de la doctrine     Truman en 1947 : les États-Unis s'engagent dans une politique d' «endiguement», qui consiste à «soutenir les peuples libres» pour éviter leur basculement dans le communisme.

Résumé du cours

I e unis de 1917 a 1945

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I e unis de 1917 a 1945I e unis de 1917 a 1945 (449.76 Ko)

 

 


1945-1991 : Nouvel ordre mondial

 Une superpuissance

En 1945, les États-Unis sont devenus une superpuissance mondiale.

  • Pertes faibles en hommes et matériel:/300 000 morts contre environ 50 millions en Europe/ Les infrastructures ne sont pas touchées
  • E.U  disposent de l’arme atomique,  
  • Possèdent 45% du stock d’or mondial
  • Réalisent la moitié de la production industrielle mondiale.
  • Deviennent « les gendarmes du monde »

 

 La guerre froide

A partir de 1947, les États-Unis s'engagent dans une politique d' «endiguement», (doctrine Truman) qui consiste à «soutenir les peuples libres» contre le communisme (URSS).

« Je crois que les États-Unis doivent soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d'asservissement [...] Je crois que notre aide doit consister essentiellement en un soutien économique et financier [...] de maintenir la liberté des États du monde et à les protéger de l'avancée communiste ». Harry S. Truman   discours au Congrès du 12 mars 1947

http://education.francetv.fr/epoque-contemporaine/video/12-mars-1947-doctrine-truman

Cela marque le début de la « Guerre froide » et de la bipolarisation. Afin de concrétiser la doctrine Truman est mis en place le plan Marshall (5 juin 1947) plan d'aide économique à la reconstruction de l'Europe. Cela doit permettre d'intégrer celle-ci dans la sphère d'influence des États-Unis (« bloc » occidental). (Voir situation B)

Les américains proposent le plan Marshall  à l’ensemble de l’Europe mais forte de sa présence militaire en Europe de l'Est, l’URSS fit  refuser cette aide financière par les pays qu'elle dominait, comme la Pologne, la Tchécoslovoaquie, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie et l'Allemagne de l'Est.

Dés lors, il y a division de l'Europe en deux blocs (Communiste/ Capitaliste – Est/ouest). C'est le début de la guerre froide.


Les grandes crises de la guerre froide

Le blocus de Berlin, première crise de la guerre froide.

Berlin, l'ancienne capitale du Reich, est divisée en 4 zones d'occupation: une pour les américains, les anglais, et les français, une autre pour les russes. En 1948, suite aux tensions américano-soviétiques à propos du plan Marshall, Staline décide de faire le blocus des zones américaines, anglaises et françaises. Un pont aérien ravitaillera alors Berlin-Ouest, pendant plusieurs mois, faisant échouer l'action soviétique. Ce blocus, accélèrera l'antagonisme entre américains et soviétiques et débouchera sur la partition de l'Allemagne en 2 Etats, en 1949, la République Fédérale d'Allemagne (RFA), sous influence américaine, et la République Démocratique Allemande (RDA), sous occupation soviétique. Et en 1961, la construction du mur de Berlin


 

La guerre de Corée

Mais la première grande crise de l'ère de l'hégémonie américaine est déclenchée par l'entrée des troupes de Corée du Nord en Corée du Sud en 1953. Les États-Unis interviennent pour défendre le régime sud-coréen, farouchement anti-communiste, mais ne remportent pas de victoire décisive, malgré des pertes humaines très importantes. L'armistice signé en 1953 ne permet qu'un retour au statu quo.

http://education.francetv.fr/epoque-contemporaine/troisieme/video/la-guerre-de-coree-1951-1953

Les années de la guerre de Corée sont marquées aux États-Unis par une véritable «chasse aux sorcières» anti-communniste, orchestrée par le sénateur MacCarthy. La défaite relative de la guerre de Corée met également fin à l'ère démocrate inaugurée par le président Roosevelt en 1932 : en 1952, le républicain Eisenhower est élu président.

Les années de présidence d'Eisenhower puis du démocrate Kennedy, premier président catholique des États-Unis, sont placées sous le signe de la prolongation du baby-boom de l'après-guerre et de la prospérité des classes moyennes suburbaines. L'«american way of life», fondé sur la consommation et le confort, fait des envieux dans le monde entier.

Le modèle culturel américain gagne également l'Europe sous la forme de films et de notes de musique qui accompagnent l'argent du plan Marshall.

 


 

1962- Crise de Cuba :

En 1962, une grave crise oppose les deux camps (E .U/URSS)  lors de la crise des fusées à Cuba, les Soviétiques cèdent devant l'ultimatum posé par Kennedy qui a fait craindre au monde une guerre nucléaire entre les deux Grands.

http://www.ina.fr/video/AFE85009705

La décennie du Vietnam : 1963-1973

L'assassinat de Kennedy en 1963 à Dallas inaugure l'entrée dans une période plus troublée pour les États-Unis. Malgré l'appel à une lutte non-violente pour les droits civiques lancé par le pasteur noir Martin Luther King, des émeutes secouent les ghettos noirs. Le président Johnson signe le Civil Rights Act (loi sur les droits civiques) qui met fin à la ségrégation raciale, mais Luther King est assassiné, de même que Malcom X

Avec le Vietnam, les États-Unis s'engagent dans le plus long conflit armé de leur histoire, qui sera aussi leur première défaite depuis 1815

A partir de 1964 (Jusqu’en1975) les E.unis s'engagent dans le plus long conflit armé de leur histoire :la guerre du Vietnam opposant le  Nord-Vietnam  soutenu  matériellement par le bloc de l'Est (URSS et Chine) et le  Sud Viêt Nam (ou Viet Cong), militairement soutenue par l'armée des États-Unis appuyée par plusieurs alliés

Un excellent film sur le Vietnam : Voyage au bout de l'enfer

L’envoi de troupes américaines de plus en plus nombreuses en Asie du Sud Est (jusqu'à près de 550 000 soldats en 1969) ne suffisent pas à vaincre les communistes. Aux États-Unis, l'impopularité croissante du conflit, dans lequel les Américains ont recours aux bombardements massifs et aux gaz toxiques, mine la cohésion nationale. Le président Nixon, élu en 1968, entame le retrait des troupes américaines du Vietnam. En 1975, le Nord-Vietnam envahit le Sud-Vietnam, signe de la défaite militaire, politique et morale des États-Unis.  

Les années 1960 sont néanmoins une période de forte croissance économique pour les États-Unis et celle d'un exploit technique sans précédent : le 16 juillet 1969, l'Américain Neil Armstrong est le premier homme à poser le pied sur la lune.

Mais la contestation par les enfants du baby-boom des valeurs de leurs parents, la naissance d'une contre-culture, les soulèvements de la minorité noire et les luttes pour l'égalité hommes-femmes donnent l'image d'une société profondément divisée.

L'après Vietnam

 Traumatisés par le carnage du Vietnam, les Américains laissent l'URSS marquer des points et l'Iran de l'ayatollah Khomeyni retenir leurs diplomates en otage pendant plus d'un an.

Les deux chocs pétroliers de 73 et 79 affectent fortement l'économie américaine. L'heure n'est plus à la «grande société» du président Johnson, soucieux de justice sociale, mais à l'individualisme.

Le modèle américain s'impose aussi par sa capacité de séduction (ou soft power par opposition à la démonstration de force politico-militaire appelée hard power). Les États-Unis sont souvent vus comme un « eldorado » : leur culture populaire est connue par le cinéma hollywoodien et la télévision, diffusant un modèle de vie prospère : c'est l'American way of life, porteur du rêve américain de réussite individuelle.

 

 


                  Les années Reagan

Avec l'élection de Ronald Reagan (Républicain- 1980) le ton se durcit à nouveau face à l'expansionnisme de l'URSS, «America is back», proclame le président.

Reagan entraîne l'URSS dans une course aux armements effrénée («la guerre des étoiles») De plus, il réaffirme la supériorité morale des États-Unis sur l'URSS, qu'il qualifie « d'empire du Mal », une vision fortement imprégnée de religiosité chrétienne. Avec l'arrivée de Mikhaïl Gorbatchev en mars 1985 au Kremlin et l'épuisement de l'URSS, les deux « Grands » entament des pourparlers sur le désarmement (accords de Washington en 1987).

 

Les années Reagan, ou la révolution conservatrice

L'élection à la présidence du républicain Ronald Reagan, personnalité plus charismatique que Ford et Carter, change le cap de la politique intérieure comme de l'étrangère. «America is back», proclame le président, qui durcit le ton face à l'expansionnisme de l'URSS, apportant notamment une aide logistique aux Afghans en lutte contre les troupes soviétiques. Il entend réaffirmer avec force la supériorité des États-Unis Aide logistique aux Afghans en lutte contre les troupes soviétiques.

Il relance l'effort militaire du pays (le budget militaire augmente de moins de 5 % du PIB en 1977 à 6,5 % en 1987). Il impose une course aux armements, en particulier de haute technologie avec l'Initiative de Défense Stratégique(ou « Star Wars », 1983), que l'URSS ne peut suivre.

 Reagan entraîne l'URSS dans une course aux armements effrénée («la guerre des étoiles») et l'oblige à déclarer forfait, ce qui lui permet de déclarer avoir «gagné la guerre froide». 

Après un second mandat de Reagan, son vice-président, George Herbert Walker Bush, est élu président au moment où l'effondrement de l'URSS peut faire croire en «la fin de l'Histoire» et la mise en place d'un monde unipolaire, dominé par la seule puissance américaine. Une puissance qui s'incarne tant dans Hollywood et Microsoft que dans le Pentagone et le bureau ovale.

Pourtant, le monde post-soviétique est plus incertain que pacifié. En 1991, les États-Unis fournissent la moitié des troupes qui attaquent l'Irak de Saddam Hussein après son invasion de l'émirat du Koweït.

 

Les années Bush père

Bush (Père), est élu président au moment où l'effondrement de l'URSS peut faire croire en «la fin de l'Histoire» et la mise en place d'un monde unipolaire, dominé par la seule puissance américaine. Une puissance qui s'incarne tant dans Hollywood et Microsoft que dans le Pentagone et le Coca-Cola.Mais on se dirige en réalité vers un monde multipolaire….

Au sommet de Malte en décembre 1989, le président américain G eorge Bush proclame la fin de la« Guerre froide ». Avec l'implosion du « bloc » de l'Est puis de l'URSS entre 1989 et 1991, les États-Unis se retrouvent dans une position inédite, celle d'unique superpuissance.

 

Depuis 1991, Hyperpuissance ?

Grâce à leur puissance militaire, ils sont les « gendarmes du monde ».

Le président George Bush est partisan du   multilatéralisme : rechercher la coopération, les plus larges alliances possibles, afin de lutter contre les principaux risques planétaires qu'incarnent les « États-voyous » (Rogue states).

La première guerre du Golfe (persique) en 1991 illustre cette vision géopolitique :   Les États-Unis apparaissent comme capable de faire respecter le droit international à l'encontre de l'Irak de Saddam Hussein qui a envahi le Koweït (août 1990). 

• Avec l'arrivée au pouvoir du démocrate Bill Clinton en février 1993, la politique étrangère connaît peu de changements : interventions diplomatiques (accords d’Oslo en 1993 tentative de règlement du conflit israélo-palestinien)

 Les  attentats   du 11 septembre 2001 à New York (Twin Towers) et Washington (Pentagone), la plus grave attaque depuis Pearl Harbor, conduisent l'administration républicaine du président G eorge W. Bush Jr à redéfinir radicalement les priorités : la menace stratégique de la République populaire de Chine, « l'Axe du Mal l » des « États voyous » (ex. : Corée du Nord, République islamique d’iran passent au second plan, la « guerre contre le terrorisme » islamique radical est prioritaire. La théorie de la « guerre préventive » est développée. En continuité avec le second mandat de Clinton, Bush s’oriente vers l’unilatéralisme : si l'intervention militaire en Afghanistan en 2001 a l'aval de l'ONU, les États-Unis s'en passent pour leur intervention en Irak en mars 2003. Ces interventions nourrissent des courants anti-interventionnistes aux États-Unis comme dans le monde et viennent ternir l'image du pays (ex. : prison militaire de Guantánamo).

Ces impasses conduisent le président Bush à initier, lors de son second mandat, un retour au multilatéralisme.

• Le président démocrate Barack H. Obama élu en novembre 2008 entend poursuivre une nouvelle politique étrangère inspirée du « smart power », restaurant l'image des États-Unis dans le monde et s'appuyant sur le multilatéralisme. Cependant, Obama n'entend pas se priver du levier militaire : il ne revient pas immédiatement sur l'envoi de renforts en Afghanistan en 2007 ; la lutte contre l'organisation Al-Qaïda est menée par des opérations des Forces spéciales (mort d'Oussama Ben Laden le 2 mai 2011) ; l'utilisation de la prison de Guantanamo continue. Tout cela montre une grande continuité de la politique étrangère américaine. Le terrorisme islamique radical reste un défi (attentats du marathon de Boston en avril 2013), les programmes nucléaires nord-coréen et iraniens également, mais l'émergence chinoise accapare de plus en plus l'attention des responsables américains. Le « cyberterrorisme » chinois est, d'ailleurs, dénoncé par Obama en 2013.

Pôle majeur de l'espace mondial, les États-Unis ont construit leur domination sur la puissance et le dynamisme de leur économie, mais également sur la conviction qu'ils ont  un rôle prééminent à jouer dans le monde.

Les deux guerres mondiales dans la première moitié du 20e s. les ont amenés à développer par étapes un modèle de puissance   qui, dans le cadre de la « Guerre froide » (1947-1991), assume sa domination sur une grande partie de la planète.

Avec la fin de l’URSS en 1991, les États-Unis, unique superpuissance, se trouvent confrontés au défi de construire un « nouvel ordre mondial » pacifié.  

 


 


The American way of life ou comment nous sommes devenus américains...

 

 

 


RESSORTS INTERIEURS DE LA PUISSANCE AMERICAINE

a)           Population jeune et entreprenante

·       Une population jeune, dynamique, issue de divers flux migratoires

·       Attires par l’Américan way of life, au mythe du Self made man, les migrants viennent chercher la liberté et la réussite sociale.

  • Constitués, dès l'origine, de migrants et de leurs descendants, les États-Unis attirent toujours au XXe siècle des millions de personnes, même si leurs origines évoluent : moins d'Européens, davantage de « Latinos » et d'Asiatiques. Grâce à ces migrations, la population des États-Unis est la plus dynamique et la plus jeune de tous les pays développés.

·       Attirés par la promesse d'enrichissement et de liberté, les migrants cherchent à s'intégrer à l'American Way of Life dont le ressort est le confort matériel  . Ils sont aussi sensibles au mythe de la réussite individuelle incarné par le modèle du self-made man

 

a)           Economie dynamique et créative

·        Ressources énormes (minerais, forêt, pétrole…) 

·        Voies de communications importantes (réseau ferré depuis le XIX°,aéroports…)

·        Recherche scientifique de pointe et haute technologies depuis le 2° guerre mondiale

·        Conquête spatiale…

  • Investissements vers les industries et services de haute-technologie qui représentent aujourd'hui près de 40 % de leur PIB. Phénomène mondial mais né aux États-Unis, Internet est dominé par un oligopole de multinationales américaines (ex. : Google, Amazon, eBay, Apple, Facebook, Yahoo...).

·   Les États-Unis, véritable État-Continent, ont un territoire riche en ressources du sol (forêt, agriculture) et du sous-sol (hydrocarbures, charbon, métaux). Ce vaste territoire, maîtrisé notamment par le réseau ferré depuis la fin du XIXe siècle grâce à la conquête du « Far West » , dispose aujourd'hui du réseau aérien le plus dense du monde.

·     Les ressources du pays sont mises, depuis plus d'un siècle, au service d'un capitalisme qui innove dans beaucoup de domaines (doc. 2) comme l'électronique, la construction automobile et aéronautique ou récemment les nouvelles technologies de l'information.

·     Depuis la Seconde Guerre mondiale, les dépenses militaires les plus importantes au monde contribuent largement à soutenir la recherche scientifique de pointe et les hautes technologies comme la conquête spatiale (l'homme sur la Lune et la navette spatiale) ou l'informatique (l'ordinateur personnel et Internet).

 

 

c)Rayonnement de la culture de masse : L'«american way of life», fondé sur la consommation et le confort, fait des envieux dans le monde entier.

·      Influence du cinéma américain dans le monde entier

·      Séries et jeux télévisés

·      Biens de consommation…

Tout cela donne une image très « positive » de l’American way of life « et en a fait un modèle pour des millions de gens à travers le monde. le modèle culturel américain gagne l'Europe : films, musiques, mode de vie, le fameux « American way of life » qui apparait comme LA réussite. Mais…

Donc…Les deux conflits mondiaux ont renforcé la puissance et le rôle des États- Unis au niveau mondial. Domination économique et financière (multinationales, dollars) mais aussi domination technologiques.

ž Au XXe siècle, les productions de l'entertainment américain se sont imposées comme référence mondiale, grâce au développement du cinéma (muet, puis parlant, puis en couleur) et de la télévision - et à la capacité de proposer des biens culturels qui sont à la fois de qualité et faciles d'accès.

ž Les produits culturels américains : bande dessinée, dessin animé, musique  , cinéma d'Hollywood, séries télévisées ou jeux télévisés, biens de consommation  diffusent ainsi l'image d'un pays jeune et dynamique, et qui convie toutes les populations du monde à partager son mode de vie.

guerre froide culturelle

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