Situation B : Kohl - Mitterrand et l’Europe

 

SITUATION B :  KOHL, MITTERAND et l'EUROPE

Après avoir été au coeur des conflits, le « couple franco-allemand » joue, depuis 1945, un rôle déterminant dans la construction européenne et ce d’autant plus que les britanniques sont au début hostiles à cette construction et préfèrent le partenariat avec les États-Unis. Ce « couple franco-allemand » a été incarné successivement par Ch. de Gaulle et K. Adenauer, qui avait travaillé  précédemment avec Schumann, V. Giscard d’Estaing et H. Schmidt, H. Kohl et F. Mitterrand. Malgré leurs divergences politiques, ces deux derniers ont joué un rôle décisif dans la transformation de la CEE en UE.

 Helmut Kohl : Architecte de la réunification allemande, Helmut Kohl a également cherché à associer les destins allemand et européen, notamment à travers la perpétuation et le renforcement du couple franco-allemand.  Il arrive au pouvoir en 1982 Nommé Chancelier de la République fédérale d’Allemagne (RFA), il est réélu à quatre reprises et égale par sa longévité politique son prédécesseur Adenauer.

Son action européenne

Au niveau européen, le "moteur" franco-allemand, représenté par le trio  Helmut Kohl, François Mitterrand et Jacques Delors, alors Président de la Commission européenne, accélère considérablement l'intégration européenne, aboutissant, en 1986, à la signature de l'Acte unique.

Chancelier de la réunification allemande en 1990, Helmut Kohl a su ancrer solidement l'Allemagne dans l'Union européenne. Conscient de la méfiance de certains chefs d'Etat européens à l'égard d'une Allemagne réunifiée, il propage l'idée d'une indissociable double identité, allemande et européenne.

Parallèlement, il participe à la préparation de la mise en place de la monnaie unique. Avec un certain succès, il a su populariser l'introduction de l'euro au détriment du deutschmark, qui, pour bon nombre d'Allemands, demeure le symbole de la prospérité et de la stabilité.

Malgré son échec électoral de 1998, Helmut Kohl demeure le symbole d’une volonté puissante d'intégration communautaire. Incarnant une Allemagne irréversiblement ancrée dans l'Union européenne, il reçoit en 1999 le titre de "Citoyen d’honneur de l’Europe".


 

 Président de la République française pendant deux septennats, François Mitterrand compte avec Helmut Kohl et Jacques Delors parmi les Européens qui ont le plus contribué à la construction européenne au cours des vingt dernières années.

François Mitterrand est en 1916. Président de la République de 1981 à 1995.

Elu député  en 1946, il obtient divers portefeuilles durant la IVème République, dont celui de l'Intérieur sous le gouvernement de Pierre Mendès France, en 1954. En désaccord avec la politique algérienne de la France, il démissionne du gouvernement en 1957.
François Mitterrand est  candidat aux élections de 1965 et il crée la surprise en mettant Charles de Gaulle en ballottage. Après sa défaite au second tour, il s'attache à rénover le Parti socialiste (PS) dont il devient secrétaire lors du Congrès d'Epinay en 1971.
En 1974, il est de nouveau candidat aux élections présidentielles et échoue au second tour face à Valéry Giscard d'Estaing. Cependant le PS ne cesse de progresser au cours des scrutins suivants.

En mai 1981, François Mitterrand remporte les élections présidentielles et devient le premier chef d’Etat socialiste de la Vème République.

 François Mitterrand est très attaché à l'extension de la Communauté économique européenne (CEE) vers le Sud, il soutient la candidature de l'Espagne et du Portugal qui entrent officiellement dans la Communauté le 1er janvier 1986.
Parallèlement, il contribue à la relance de la construction européenne grâce à l'Acte unique, signé le 14 février 1986, qui vise la création d'un espace économique sans frontières pour le 1er janvier 1993.

En accord avec Helmut Kohl, élu à la chancellerie allemande en 1982, il   consolide les relations franco-allemandes. L'image de la commémoration sur le champ de bataille de Verdun, où les deux hommes se tiennent la main en septembre 1984, demeure un des symboles les plus marquants de la réconciliation franco-allemande. (Voir Vidéo et doc 2 p. 46)

 En 1992, lors du sommet de La Rochelle, François Mitterrand et Helmut Kohl décident de créer un corps de défense franco-allemand, l'Eurocorps, que rejoindront ensuite la Belgique, le Luxembourg et l'Espagne. Le 14 juillet 1994, la présence des soldats allemands de cette unité sur les Champs-Elysées symbolise à la fois l’achèvement d’une phase de la réconciliation, le renforcement du poids de l'Allemagne réunifiée sur la scène internationale et la première concrétisation de la défense européenne.

Après la chute du mur de Berlin en novembre 1989, Helmut Kohl, et François Mitterrand proposent, le 19 avril 1990, la tenue d'une conférence intergouvernementale sur l'UE, afin de "transformer l'ensemble des relations entre les pays membres en une véritable Union politique".  

Le Traité de Maastricht

Les efforts de François Mitterrand et Helmut Kohl aboutissent le 7 février 1992, à la signature du Traité de Maastricht qui, tout en visant la création d'une Europe économique et monétaire, donne une vocation politique à la Communauté européenne. Toutefois, si les négociations en vue de l'adhésion de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède sont reportées au 1er février 1993, l'UE s'ouvre rapidement à l'Est en signant, à partir de 1994 des traités d'association avec plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, préludes à l'engagement de négociations d'adhésion.