Histoire du Roman

L'univers romanesque

 

Petite histoire du roman

Histoire du genre et personnages(Rappel) :

 Moyen âge :

Le mot « roman » est apparu au XIIe siècle. Il a alors deux sens :

• la langue parlée dans le nord de la France

• un récit en vers français (comme les romans de la Table ronde). Le roman   en prose n’apparait qu’au XIVe siècle.

Comme récit il a déjà son sens moderne,    Le Petit Robert : « œuvre d’imagination en prose, assez longue, qui présente et fait vivre dans un milieu des personnages donnés comme réels, nous fait connaître leur psychologie, leur destin, leurs aventures. »

 


 

 XVII°

Le début du dix-­‐septième est marqué par le roman précieux. Ce sont des récits de plusieurs centaines voire milliers de pages. La thématique est amoureuse et l'histoire invraisemblable. On reproche alors au roman son amoralité, il est considéré comme un genre mineur qui traite de sujets frivoles comme l'amour le désir. Le plus connu , Clélie de Madame de Scudéry, avec sa célèbre carte du Tendre

 

La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette marque un tournant dans l'histoire du roman. Elle rompt avec l’invraisemblance du roman précieux, donne à ses personnages une profondeur psychologique et situe l'action dans un cadre historique réel, tout cela dans une forme brève et un style sobre.

Le personnage le plus célèbre du XVII° est Don Quichotte de la Manche : son apparition marque la naissance du roman européen moderne.

 

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 XVIII°

Le roman s'oriente vers plus de vraisemblance. Il veut être considéré comme un genre sérieux.  Il devient donc à la mode de s'appuyer sur des documents soi-­‐disant authentiques comme des lettres, des mémoires, des manuscrits trouvés etc. ce sera le cas pour L'Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, (pseudo Mémoires) de l’abbé Prévost (1731) mais aussi pour les Liaisons Dangereuses de Laclos (1782), roman épistolaire.

Le personnage philosophe

Dans les Lettres persanes de Montesquieu, ou dans Jacques le Fataliste de Diderot

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Ce siècle marque l'apogée du roman. Au dix-neuvième le roman réaliste va progressivement s'imposer en réaction à l'idéalisme du romantisme

 

  Le romantisme :

Les romantiques font du héros un personnage hors du commun, paré de toutes les vertus.

Ainsi, les héros de Stendhal se distinguent du vulgaire par l'énergie qui les anime lorsqu'ils ont  à lutter pour leur amour ou pour leur ambition. Ce sont des êtres ardents, originaux et passionnés. Fabrice del Dongo  le héros de La Chartreuse de Parme incarne cet enthousiasme passionné au service d'un idéal de bonheur.

Mais le roman romantique oppose presque systématiquement le bien et le mal dans une vision un peu simpliste. C'est le cas dans Notre-Dame de Paris ou Frollo le prêtre maléfique et Quasimodo le monstre bénéfique sont des personnages opposés, qui luttent chacun à leur manière.

 

 Le Réalisme

Mais Stendhal ou Balzac même s’ils gardent trace de l'idéal romantique vont s'efforcer de faire entrer le roman dans une réalité, dans la réalité de leur temps. Dans Le Rouge et le Noir, sous-titré Chronique de 1830 (volonté d'enraciner le récit dans le contexte politique et social) Stendhal propose à travers les aventures de Julien Sorel,   un tableau de la société française de l'époque ( noblesse de province ; l'aristocratie parisienne et aussi les milieux ecclésiastiques). Stendhal définira d'ailleurs le roman comme « un miroir que l'on promène le long d'un chemin »

Balzac avec La Comédie humaine déclare vouloir « faire concurrence à l’état-civil ». Il ajoute : « La société française allait être l’historien, je ne devais être que le secrétaire »

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La méthode naturaliste :

Le naturalisme prolonge le réalisme. Mots employés par Zola dés 1866. D'autres écrivains sont autour de lui et défendre un style d'écriture « simplement vraie ».

Zola s'inspire des méthodes et les théories scientifiques de son époque pour élaborer ses romans. Il s'agit d'expliquer les phénomènes par les lois de la nature. Il applique une méthode scientifique à la littérature : l'observation précède l'analyse (avant d'écrire ses livres, Zola se livrait à des enquêtes minutieuses sur le terrain est complété par une documentation impressionnante). Zola s'appuie sur les théories scientifiques récentes comme  les lois sur l'hérédité. Il essaie de montrer les ravages de l'alcoolisme qui se répercute de génération en génération. Le but est de restituer le réel sous toutes ses formes. Et l'ouvrir à toutes les classes sociales pour lui « le premier homme qui passe est un héros suffisant ». Le personnage a perdu son caractère héroïque, il devient plus populaire et plus ordinaire. Avec les Rougon-Macquart, Zola fera découvrir dans chaque roman un milieu social   particulier( Les mines, les halles, le rail…)

 Dans Madame Bovary Flaubert présentera la vie médiocre d'une bourgeoise de province et dans l'éducation sentimentale la trajectoire ratée d'un jeune homme monté à Paris.

 

Le même phénomène se produit dans la peinture avec Courbet Un Enterrement à Ornans   où se rassemblent tous les habitants d'un village notables comme paysans. Ou les Repasseuses de Degas, les Raboteurs de parquet de Caillebotte.

En mettant en scène des hommes ordinaires comparables aux lecteurs, le roman réaliste favorise l'identification du lecteur au personnage.

Illusion référentielle qui  lui fait oublier qu'il s'agit d'une fiction et il adhère totalement à l'histoire racontée. La précision des dates et des chiffres, les détails créent l'illusion de la réalité, c'est ce qu'on appelle l'effet de réel. Le point de vue interne le plus utilisé dans le roman réaliste car il favorise un phénomène d'identification et l'impression de réalité. Description plus naturelle si elles sont faites à travers le regard d'un personnage

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 Le personnage au XIX° :

Le réalisme a fait perdre son caractère héroique et vertueux au personnage. Il est devenu un homme ordinaire. Il est plus facile de s’y identifier. Dans le roman réaliste, il y a une fiche d’identité du personnage : Portrait physique/portrait moral/ passé/ statut social… On a donc des types. (Chez Balzac lien entre lieux ou vivent les pers et caractère) 

Roman réaliste propose une rencontre entre l’homme et le monde/ L’individu et la société. C’est le roman d’apprentissage qui met un jeune homme ou une jeune femme face à la société et dont il va découvrir parfois à ses dépends, les mécanismes.

 


 

 XX°s

Conflits, découvertes du vingtième siècle vont rejaillir sur l'écriture romanesque. On ne peut plus se contenter de l'illusion réaliste : Freud a développé la notion d'inconscient, on a inventé l'avion, l'atome, la fusée… La boucherie de la première guerre mondiale et la barbarie de la deuxième ont laissé un sentiment absurde.

L'idée d'un narrateur omniscient devient de plus en plus improbable et laisse la place au point de vue interne et au monologue intérieur des personnages. (ce qui ne veut pas dire qu’il ne reste pas d’écrivains plus traditionnels…) Le monde est donné à voir à travers une conscience. C'est ce que fera Marcel Proust avec les 7 volumes de A la recherche du temps perdu.

Jean‐Paul Sartre ou Camus proposent dans leurs romans des réflexions philosophiques sur la nature humaine, sur le mal, sur le sens de l'existence (voir Camus, la peste, l'étranger ) 

Remise en cause de l’écriture réaliste :

Ecriture réaliste : description d’un monde cohérent et narrateur omniscient qui donnait lés « clés » au lecteur. Récit au passé et 3° personne donnait le sentiment d’une parfaite maitrise de l’histoire et du destin des personnages (Pers « vrais » organisé chronologiquement). Mais au XX° l’écriture va refléter la fragilité, les incertitudes du monde et le roman entre dans « l’ère du soupçon » (N. Sarraute).  

  • Notion de personnage : bousculée. Le pers est parfois réduit à une simple initiale ou à un pronom personnel comme dans Hiroshima mon amour de Duras ou les pers sont nommés « elle » et » lui ».

  • Les objets perdent leur valeur symbolique mais envahissent le roman. Voir Les Choses de Perec qui montre la prédominance de « l’avoir » sur « l’être » dans une société consommatrice.
  • Le récit s’écrit sous les yeux du lecteur.
 

Naissance du nouveau roman :

Mouvement sans chef de file. Rejet du roman traditionnel et exploration de voies nouvelles (Butor, Simon, Robbe‐Grillet, Sarraute…)

Le lecteur doit donc apprendre à se passer de guide, et être confronté à un univers romanesque étrange, énigmatique, comme le monde du XX°. Le lecteur ne parvient plus à s’identifier au personnage ni à l’histoire.

 

 Le personnage au XX°

Le rejet du personnage traditionnel :

  • Perd son identité
  • Peut se réduire à un « je » ou une initiale. Il subit dit Robbe-­‐Grillet » une cure
  • d’amaigrissement ».
  • Le lecteur peut même devenir un personnage que l’auteur interpelle par un « tu » ou « vous » comme dans la Modification de Butor : « Vous avez mis le pied gauche dans la rainure de cuivre, et de votre épaule droite, vous essayez en vain… »

 L’anti-­‐héros : Personnages fragiles, ratés, inconsistants. Passivité, lâcheté les éloigne du héros traditionnel. (Voir L’Etranger de Camus qui paraît insensible à tout : l’amour, la mort )

L'Etranger de Camus

 

http://www.dailymotion.com/video/x178c2g_le-personnage-dans-le-roman-du-xxe-siecle_school
 

le personnage au XXème
l’univers romanesque
http://www.dailymotion.com/video/x178d2m_l-univers-romanesque_school
 
 

 

 

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