Outils poésie

Caractéristiques du genre poétique:

 


 

Les types de poème

a) Poèmes à forme fixe

a) La ballade : date du Moyen-âge. 3 strophes et demi (28 ou 35 vers)


La demi strophe finale s’appelle un « envoi ».


Villon, Ballade des pendus :

 « Frères humains qui après nous vivez

N'ayez les coeurs contre nous endurciz…

 

b) Le rondeau :

Forme qui apparaît au XV° :   15 vers sur 3 strophes. Le refrain apparaît au 1er vers, au 9° vers et  et à la fin du poème 

c) Le blason :

C’est une forme   à la mode au XVI°, généralement versifié et à rimes plates. Il permet soit l'éloge, soit la satire (on parle alors de contre-blason) d'un être ou d'un objet. Le plus souvent, l'objet du poème est le corps féminin, ou une partie de celui-ci. L’un des plus célèbres est « Le blason du beau tétin » de Marot (1535). On le retrouve chez Baudelaire  et dans la   poésie surréaliste et notamment dans « La Courbe de tes yeux… » d’Eluard et chez Breton dans « Union libre »

 

d) Le sonnet :

Inventé par le poète Italien Pétrarque, le sonnet est composé de deux quatrains et de deux tercets.(14 vers) . Les poètes du XVIe  siècle l’ont souvent employé, tels que Ronsard et du Bellay. C’est l’une des formes poétiques les plus employées, y compris au XXe  siècle.

Le sonnet classique présente des rimes embrassées dans les deux premiers quatrains, mais dans les deux tercets, les rimes deviennent suivies ou croisées. Le sonnet est composé de vers en alexandrins, décasyllabes ou octosyllabes. Sa forme régulière, symétrique et contraignante favorise la précision, la concision et la suggestion (Baudelaire: "Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense"); elle empêche le poète de céder aux facilités du lyrisme.


Les rimes et le mouvement des strophes permettent des jeux d'oppositions et de correspondances qui expriment les tensions, la complexité de la vie intérieure du poète. Le sonnet est donc caractérisé par une forte cohérence interne. En outre, il peut y avoir une parfaite concordance entre le contenu et la forme.


Depuis Pétrarque, le sonnet a presque constamment joui d'un grand prestige. Il s'agit sans doute du genre littéraire qui s'est le plus pratiqué en Occident durant les cinq derniers siècles (on estime à 45 000 le nombre de sonnets qui ont été publiés en France, au XVIe siècle seulement).

 

e) Le pantoum ou pantoun, n.m., poème d'origine malaise à forme fixe. 
Adapté en France par les poètes romantiques, il est composé de quatrains à rimes croisées, dont le deuxième et le quatrième vers sont repris comme premier et troisième vers du quatrain suivant.
Hugo, Baudelaire, Leconte de Lisle, Banville ou Verlaine ont écrit des pantoums. 
Deux thèmes y sont traités parallèlement, l'un dans les deux premiers vers, l'autre dans les deux derniers de chaque strophe.

Il est écrit en strophes de quatre vers à rimes croisées construites de telle sorte que le deuxième et le quatrième vers de chacune passent dans la suivante pour en former le premier et le troisième vers; le premier vers de la pièce doit en outre revenir à la fin, comme dernier vers.
Telle est la structure matérielle du poème, mais ce ne sont pas ces répétitions qui en constituent la particularité vraiment originale; il développe dans chaque strophe, et d'un bout à l'autre, deux idées différentes, l'une remplissant les deux premiers vers de chaque strophe et l'autre les deux derniers. 
Généralement la première est plutôt extérieure et pittoresque, l'autre intime et morale.
Ces deux idées n'ont rien de commun, mais il est facile de comprendre quels effets un poète peut tirer de la poursuite de ces deux motifs différents, de ces deux antithèses continuellement parallèles, qui se lient tout en s'opposant.


 

Voici un pantoum (Harmonie du soir) de Charles Baudelaire:

 

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;

Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir,

Valse mélancolique et langoureux vertige!
 
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;

Valse mélancolique et langoureux vertige!

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
 
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
 
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,

Du passé lumineux recueille tout vestige!

Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...

Son souvenir en moi luit comme un ostensoir !


Poèmes à formes libres

À partir de la 2° moitié du XIXe  siècle, les poètes explorent de nouvelles formes poétiques  et inventent des formes personnelles qui n’obéissent plus à des lois strictes.

 Poèmes en prose

L’apparition du poème en prose, au cours du XIXe  siècle, fait partie des inventions les plus originales de la poésie. Baudelaire l’utilisera beaucoup (cf. Petits poèmes en prose) puis Rimbaud, Mallarmé…  et il aura un essor important au XX°.   Le poème en prose  ne se présente pas sous une forme versifiée, ne présente pas de retour à la ligne, mais comporte de nombreux procédés qui appartiennent à la poésie en vers : images, anaphores, jeux avec les sonorités, travail du rythme.  Et il a la liberté de ton et d’inspiration de la prose. F. Ponge l’utilisera aussi au XX°

 

Calligrammes

La poésie moderne joue aussi des blancs typographiques, supprime la ponctuation, travaille sur la forme des lettres, et les vers dessinent des motifs (Calligrammes d'Apollinaire).

 

 


 

 

Les strophes

Strophe : ensemble de vers isolés des autres par des blancs.

  • Distique : strophe de 2 vers
  • Tercet : 3 vers
  • Quatrain : 4 vers
  • Quintil : 5 vers
  • Sizain : 6 vers

 

La strophe peut être :

  • Monorime : strophe ou poème construit sur une seule et même rime
  • Isométrique : strophe ou poème construite sur le même nombre de syllabe :   Que ce monde demeure,(6)
/Que la feuille parfaite(6)
/Ourle à jamais dans l'arbre.
(6)/L'imminence du fruit !"(6) ( Les planches courbes , page 26)

  • Hétérométrique : strophe ou poème construit avec des vers qui ont un nombre de syllabes différent :   vers libres. 

 

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux;(10)
Retiens les griffes de ta patte,(8)
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,(10)
Mêlés de métal et d'agate. (Baudelaire)(8)

 


 

Type de vers (les plus frequents) :

  • Alexandrin : 12 syllables
  • Décasyllabe : 10 syllabes
  • Octosyllabes : 8 syllabes
  • Tétrasyllabe : 4 syllabes
  • Heptasyllabe : (7 syllabes)
  • Ennéasyllabe : (9 syllabes)
  • Hendécasyllabe : (11 syllabes)

 

A partir de Rimbaud (1854-1891), on trouve des  vers libres : ils peuvent être de n’importe quelle longueur et ne riment pas forcément avec un autre. Mais on conserve le retour à la ligne à la fin du vers. 

 


 

Rythme du vers

 a) La césure

La césure coupe le vers en 2 hémistiches

  • Dans l’alexandrin l’hémistiche est après la 6° syllabe
  • Dans le décasyllabe, après la 4° syllabe

Le mot qui se trouve à la césure est toujours mis en relief.

 Quand, les deux yeux fermés, /en un soir chaud d'automne (Baudelaire, Parfum exotique)



b) L’enjambement

Prolongement de la phrase au-delà de la limite du vers

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime (Verlaine)

 

c) Rejet :

On rejette un élément bref au début du vers suivant :
Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme /

Ô beauté ?(…) (Baudelaire)

 

d) Contre-rejet

On place un élément bref en fin de vers :

L’hôpital se rempli de leurs soupirs. – Plus d’un
Ne viendra plus chercher la soupe parfumée... (Baudelaire)

 


 

Les Rimes

La rime est le retour d’une même sonorité à la fin d’un vers.

  • Rimes plates ou suivies : aa /bb (par exemple recherche d’un effet de monotonie)
  • Rimes embrassées : abba
  • Rimes croisées : abab

 

Musicalité

En poésie, la musicalité est essentielle. Elle vient notamment de :

  • La répétition : Elle donne souvent son rythme au poème.  d’où l’utilisation fréquente de l’anaphore (répétition en début de vers du même mot ou groupe de mots)
  • Assonance : répétition d’une même voyelle
  • Allitérations : répétitions d’une même consonne
  • Présence d’un refrain

Tous ces éléments, contribuent à la musicalité du poème qu’il soit en vers ou en prose..

 

 


 

Les images

Les images jouent un rôle essentiel en poésie. :

  • Comparaison
  • Métaphores et métaphore filée (Métaphore qui se poursuit sur plusieurs vers ou phrases)
  • Périphrases (on emploie une expression suggestive au lieu du simple mot)

 


 

Outils pour étudier la poésie :

 

  1. 1.     Observez Forme et typographie du poème :

 

Il ne s’agit pas de les observer juste pour…les observer ? Il faut essayer d’en tirer des informations : poésie classique ? Modernité ? Transgression de certaines règles classiques ? Effets recherchés ?...

  • Forme fixe ? (Sonnet, ballade, Blason…)
  • Forme libre ? Poème en prose ?
  • Type de vers ?
  • Type de rimes ?
  • Type de strophes ?
  •  

 

  1. 2.     Thème du poème :

Utilisation des images (comparaison, métaphores, périphrase) Quels effets produisent-elles ? Thème classique ? Moderne ? Détourné du propos habituel ?

 

  1. 3.     Rythme du poème

  • Ponctuation présente ou absente ? Beaucoup d’exclamations ou d’interrogations…
  • Enjambements ? Rejets ? Contre-rejets ? où ? Pourquoi ? Quels mots sont mis en valeur ?
  • Anaphores, répétitions ? Sur quels mots ? Pourquoi ?
  • Assonances, allitérations : où ? Pourquoi ? Quels effets ?