Petite histoire de la question de l'homme

 

  La question de l’homme aux XVIe et XVIIe siècles

1-      La Renaissance : foi et doutes en l’homme

VitruvrLes humanistes de la Renaissance rejettent les valeurs du Moyen-Age et placent l’homme au centre de leur réflexion. Ils retiennent l’idée antique d’une harmonie nécessaire entre corps et esprit. Ils croient en une nature humaine universelle.

Les atrocités des guerres de Religion et de la colonisation introduisent un doute sur l’homme et sur la « misère de notre condition ».

2-      Le XVIIe siècle : deux visions contrastées de l’homme

Il y a deux conceptions religieuses de l’homme et du monde qui s’opposent. Pour les jésuites, l’homme peut exercer sa liberté, son libre-arbitre sur terre pour gagner son salut. Pour les jansénistes, Dieu a déterminé de toute éternité qui sera sauvé ou damné : l’homme lui est soumis.

Le bernin extase terese detail2La vision baroque est une vision du monde instable dans lequel l’homme est maitre de son destin. Les libertins revendiquent la liberté de penser par eux-mêmes, contestent l’organisation et conçoivent un monde sans Dieu.

La réaction assez pessimiste des classiques appuie sa réflexion sur la notion de nature humaine permanente et universelle. Il dépend de la volonté de Dieu. Il est aussi victime des passions qui le trompent mais peut atteindre à une certaine grandeur. Le modèle social idéal est l’honnête homme qui fuit les attitudes extrêmes et soumet tout à sa raison.

Le mouvement, la complexité, l’imbrication du baroque s’opposent à la fixité et à la rigueur géométrique du classicisme.

 

3-  La question de l’homme au XVIIIe siècle

  • Conscience de la relativité des mœurs et des valeurs

350px salon de madame geoffrinLes Lumières désigne un mouvement européen, il s’agit des lumières de la raison que l’homme doit exercer librement pour accéder à l’indépendance intellectuelle et morale. Les hommes des Lumières prennent conscience de la diversité de l’homme selon les lieux et les temps et de la relativité des mœurs, des lois, de la morale, de la littérature.

 

  • Le philosophe éclairé, homme citoyen contestataire

L’homme idéal des Lumières est le philosophe, homme social, qui par son usage de la raison remet tout en cause. Il veut vulgariser les connaissances humaines et les débats philosophiques. Il veut construire un monde meilleur fondé sur la tolérance, la paix, le recul de l’ignorance, la liberté de penser, le pluralisme religieux, le progrès scientifique. Son but est que l’homme connaisse sur terre le bonheur et le bien-être matériel.

 

4-  La question de l’homme aux XIXe et XXe siècles

  • Le XIXe siècle : l’individu et ses passions

RomantismeLe romantisme (1820-1850) : il refuse l’optimisme et la prédominance de la raison. L’homme est n être d’émotion qui fuit dans le rêve une société qui ne le comprend pas. Il privilégie l’imagination, la sensibilité, l’individu et la communion avec la nature.

 

Arton2028 1Le réalisme et le naturalisme (1848-1890) : il apparait en réaction contre l’idéalisme romantique car la révolution industrielle change le regard sur l’homme. L’homme est décrit comme le produit de son hérédité et de son environnement socioculturel. La littérature veut soit reproduire fidèlement la réalité dans sa dimension quotidienne (réalisme) soit analyser les êtres humains et la société en appliquant les méthodes des sciences expérimentales (naturalisme).

SymbolismeLe symbolisme (1885-1900) : ils refusent d’expliquer le monde par la science. Pour Verlaine, Rimbaud et Mallarmé, le monde apparent masque des réalités mystérieuses, invisibles. Les symbolistes s’attachent à les décrypter et à exprimer les profondeurs cachées de l’être humain, la réalité spirituelle.

 

 

  • Le XXe siècle : déshumanisation, nouvel humanisme

Le traumatisme des deux guerres mondiales, la disparition des repères religieux et des valeurs ont dégradé la notion d’homme et entraine la conscience de l’absurdité et de l’impossibilité de communiquer.

421 2Les progrès technologiques et scientifiques ont nourri une foi en l’homme mais aussi une angoisse ace à l’exploitation immorale et inconsciente éventuelle des découvertes modernes. Les écrivains incitent à dépasser ce sentiment de l’absurde, à donner un sens à l’existence par l’engagement politique et un humanisme moderne fondé sur la résistance et la solidarité.

La photographie et le cinéma dénoncent et se mettent au service de l’argumentation.

source : éditions Hatier année 2011

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