La Dissertation

 

2        COM M ENT  FAIRE  UN  ESSAI  OU  UNE  DISSERTATION  ?

 La dissertation est un exercice difficile, certes…Mais pas infaisable. Par contre elle nécessite une maitrise correcte de la syntaxe, un esprit cohérent et des connaissances… Il n’y a pas une méthode magique. Je vous en propose une mais c’est à vous de trouver celle qui vous conviendra…

2.1    CONSEILS  MÉTHODOLOGIQUES  GÉNÉRAUX

La dissertation relève de l’argumentation. Pas du blabla…Ni de la conversation genre “café du commerce” entre potes à l’heure de l’apéro… Il s’agit de produire une argumentation formellement correcte et rigoureuse, afin d’apporter une réponse ferme  mais nuancée à la question posée.

 

2.2    LES  DIFFÉRENTS  TYPES  DE  FORM ULATION  DES  SUJETS

2.2.1   « QU’EST- CE QUE...? »

  • Les sujets commençant par « Qu’est-ce que... »  appellent une définition.

Un sujet du type « Qu’est-ce que la liberté ? » pourra débuter par la définition commune de la liberté   et complexifier au fur et à mesure l’idée de Liberté. Attention, il ne faut pas faire un catalogue ! Le plus simple consiste à partir de l’opinion commune et à l’approfondir au fur et à mesure de la dissertation, grâce à des comparaisons et à des distinctions destinées à mettre en valeur la spécificité de la définition du terme envisagé. 

2.2.2   « PEUT- ON...? »

  • Les sujets commençant par « Peut-on... » interrogent la possibilité d’affirmer, de soutenir, d’être, de faire... ou non quelque chose. Il faut donc se demander si cela est possible pratiquement (est-ce qu’effectivement, dans la vie, c’est réalisable), mais également si cela est légitime.

Il faudra généralement différencier entre ce qu’on peut faire (en fait) et ce qu’on a le droit de faire (en droit) On ne peut pas défendre jusqu’au bout quelque chose de possible pratiquement mais d’insoutenable éthiquement : je peux tuer mon voisin pour m’emparer de ses biens ou parce qu’il me dérange, mais je ne le dois pas, pour des raisons évidentes de respect de la vie d’autrui et de ses idées…

  2.2.3   « FAUT- IL...? »

  • Les intitulés commençant par « Faut-il... » vous interrogent sur l’éventuelle nécessité de quelque chose. Est nécessaire, objectivement, ce qui ne peut pas ne pas être et ce qui ne peut pas être autrement qu’il n’est ; est nécessaire, subjectivement cette fois, ce que personnellement je ne conçois pas pouvoir être autrement. Par exemple, on peut soutenir qu’il faut toujours dire la vérité, d’un point de vue scientifique ou encore technique. Mais cela est-il si certain d’un point de vue éthique ? N-y-a-t-il pas certaines situations qui requièrent le mensonge, direct ou par omission, et alors pourquoi ?

 

 2.2.4   « QUE PENSEZ- VOUS DE...? »

  • Lorsque l’on vous demande : « Que pensez-vous de... », il ne faut surtout pas exposer uniquement votre propre opinion sur le sujet. Votre thèse (vos idées) doit se confronter à des thèses concurrentes (celles des philosophes que vous connaissez). L’avantage de ce type de sujet est de proposer déjà un plan : expliquer le sujet      (première partie), puis de nuancer (Deuxième partie) et éventuellement de réfuter (troisième partie).

  2.2.5   « A - T - ON RAISON DE... ? »

 « A-t-on raison de... » suppose une distinction entre le rationnel (logique, et  théorique), et le raisonnable (pratique et éthique, concernant la société, la morale, etc) . Un projet ou une théorie peuvent ainsi s’avérer rationnels   et être pourtant tout à fait déraisonnables. On retrouve souvent ce type de formulation dans les sujets sur la technique (« A-t-on raison d’accuser la technique ? »). Car si on ne peut que se féliciter, d’un point de vue logique et théorique, de ses progrès, on peut en revanche légitimement en discuter certaines applications déraisonnables, voire insensées. La bombe atomique est ainsi une invention merveilleuse. Mais chacun s’accordera aisément à reconnaître que son usage suscite une indignation légitime.

 

2.3       UNE  M ÉTHODE  POSSIBLE

  1.    Définir les termes du sujet

Voir quels questionnements ces définitions peuvent faire naitre. Donc prendre le temps de REFLECHIR ! (A partir des mots que j’ai définis, suis-je d’accord ou non ? Qui en a parlé ? Qu’est-ce que je sais là-dessus ?)

Pour chaque terme important : définir, questionner,  noter auteurs et exemples qui vous viennent…

  Metoo

2. A partir du questionnement, il faut faire émerger un problème qui donnera…la problématique !

Il faut saisir ce qui fait problème dans la question puisque c’est sur le problème que soulève le sujet que vous allez réfléchir….(Et surtout ne pas répondre directement avant d’avoir montré que votre point de vue s’appuie sur une réflexion argumentée…) Bref !Il faut formuler une problématique  

  

3. La problématique va vous permettre de construire un plan

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

3        CONSTRUCTION  DE  LA  D ISSERTATION  OU  DE  L’ESSAI

  3.1    1ÈRE  ÉTAPE  :  INTERROGER  LE  SUJET

Il est important de repérer le type de la question (Peut-on ? Doit-on ? Faut-il ?...)

Puis définir les termes du sujet

Voir quels questionnements ces définitions peuvent faire naitre. Donc prendre le temps de REFLECHIR ! (A partir des mots que j’ai définis, suis-je d’accord ou non ? Qui en a parlé ? Qu’est-ce que je sais là-dessus ?)

Pour chaque terme important : définir, questionner,  noter auteurs et exemples qui vous viennent…

  Donc : idée d’un processus entre culture et humanité. Un lien entre les deux. Une conséquence de l’un sur l’autre. C’est ce lien qu’il faut interroger.  

Pour cela j’ai besoin de savoir: Ce qu’on entend par culture Ce qu’on entend par humain

 

 3.2    2°  ÉTAPE  INTRO  ET  PROBLÉMATIQUE

  Methodo 1 2

3.3    3°  ÉTAPE  :  LES  DIFFÉRENTES  PARTIES

 

3.3.1   1 ERE PARTIE : LA CULTURE HUMANISE L’HOMME

 TransitionMeth0

Transition :  la culture transforme l'humain mais peut-elle le rendre inhumain (moral)

  

3.3.2   2° PARTIE : LA CULTURE S’ACCOMMODE DE L’INHUMAIN…

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  Transition : Si la barbarie existe au nom de la culture, quelle culture pour humaniser vraiment ?

 

  3.3.3   3° PARTIE : TROUVER UN COMPROMIS ? (CONVICTION PERSO)

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  3.4    EXEMPLE  DE  SUJET  RÉDIGÉ

  1.         La culture nous rend-elle plus humain ?

  En 1697, à l'aube de ce qu'on appellera le siècle des Lumières, Bayle écrivait « le prochain siècle sera de jour en jour plus éclairé : en comparaison tous les siècles précédents ne seront que ténèbres ». Le XVIIIe siècle avait foi en l'homme, croyait aux progrès et les penseurs de l'époque  étaient persuadés que par la connaissance, par la culture, un monde meilleur allait advenir. Pour eux la culture était ce processus par lequel l'homme maîtrise son environnement et lui-même, et transmet aux générations suivantes les progrès de la génération précédente. C'est en quelque sorte une progression constante vers plus d'humanité. Et s'il est vrai que depuis le XVIIIe siècle, pour beaucoup d'hommes la situation s'est améliorée, bien d'autres sont encore dans les ténèbres. L'accès à la connaissance s'est accru, on peut communiquer avec la planète entière, on n'ignore plus la diversité culturelle même si elle reste encore difficile à accepter pour certains… Et l'on pourrait penser que les belles avancées de notre culture nous ont rendus plus humains. C'est-à-dire que nous avons su développer ce qui nous caractérise : la conscience d'être au monde, la conscience morale, la capacité à l'empathie… Mais il suffit de jeter un oeil sur le XXe siècle pour en douter. Ce siècle aura été, entre tous, le siècle de la barbarie : deux guerres mondiales meurtrières, extermination en masse, utilisation de l'arme atomique, régimes dictatoriaux de droite et de gauche, goulags, camps de concentration, épuration… Sans parler des catastrophes environnementales fruits de l'orgueil humain ou de son inconscience. Le XXIe siècle sera-t-il meilleur ? L'homme ne semble pas avoir beaucoup changé.  Aussi sommes- nous en droit de nous demander si la culture peut nous rendre plus humain que nous ne le sommes . Pour cela il faudra d'abord nous interroger sur la manière dont la culture humanise l'homme. Nous verrons aussi dans quelle mesure elle s'accommode de l'inhumain et nous nous demanderons enfin comment elle pourrait faire coïncider humanité et animalité.

 ***

       Aristote disait déjà que l'homme « est un animal politique » entendant par là qu'il est fait pour vivre au milieu de ses semblables. Si l'homme est passé du clan à la cité et de la cité à la civilisation, c'est parce qu'il s'est très vite rendu compte que seul, il n'était rien. Lévi-Strauss montre dans Races et histoire que l'origine de la prohibition de l'inceste n'a pas une cause morale mais une cause pratique. C'est la nécessité de l'échange qui fait naître ce tabou. C'est lui qui nous fait passer de la nature à la culture et qui érige une première règle universelle. Ainsi naissent les civilisations. Par ailleurs, l'homme ne saurait se développer sans la compagnie des autres hommes. L'apprentissage du langage, des codes culturels et émotionnels implique une interaction avec d'autres humains. Les « enfants  placards  »  témoignent  de  cette  nécessité  :  élevé  sans  communication  affective  avec  leur entourage, ils ne se développent pas de manière satisfaisante. Leurs capacités langagières, motrices, émotionnelles sont en quelque sorte anesthésier par l'absence de relations. La culture implique donc une interrelation. C'est par ce mode qu'elle est transmissible.                                                                                  L'homme, contrairement à l'animal, est perfectible nous dit Rousseau. Il n'est pas figé dans un état, au contraire, il est en quelque sorte programmé pour évoluer. Mais  cette  évolution  ne  sera possible que s'il y a éducation. Effectivement, l'éducation humanise l'homme puisqu'elle transmet des valeurs, des us et coutumes et une capacité à s'interroger sur le  monde  et  sur  la  place  qu'occupe l'homme dans ce monde. En ce sens la culture nous humanise puisque  elle  nous  fait  entrer  dans l'univers de l'humain, nous en donne les outils et les codes. C'est d'elle aussi que provient la notion de moralité. La moralité est un thème délicat. Nous nous contenterons ici de nous placer sous  le patronage d’Emmanuel Kant pour qui l'une des valeurs  fondamentales  est  de  ne  jamais  considérer l'autre comme un moyen mais comme une fin en soi. Si l'on suit ce précepte, la culture ne peut en effet nous rendre que plus humain puisque nous aurons autant de respect pour l'autre que pour nous-même. Mais l’histoire de l'humanité coïncide assez peu avec cette vision kantienne… Et c'est souvent au nom de la culture qu'on a érigé la barbarie en principe.

 

S'il suffisait d'être cultivé pour être humain, bien des  épisodes  de  notre  histoire  n'auraient jamais été écrits. Lorsque Hitler parvient au pouvoir en 1933, l'Allemagne est le phare culturel  de l'Europe. Berlin concentre un nombre incalculable d'intellectuels, d'artistes, de philosophes… Dans ce pays qui a donné naissance à Goethe, Bach, Mendelssohn, Grosz,  Gutenberg,  Beethoven,  Schiller, Kant… va s'établir l'un des régimes les plus monstrueux de tous les siècles. Et c'est au nom d'une culture nouvelle qu'aura lieu en 1936 une exposition sur les arts dégénérés qui annoncera le cataclysme nazi. Et c'est au nom d'une culture nouvelle que seront brûlés livres puis les hommes. 

C'est au nom de la culture aussi que les conquistadors espagnols massacrèrent les Indiens d'Amérique. C'est au nom de la culture que la controverse de Valladolid s'interroge sur l'humanité ou la non en humanité  des  Indiens.  La  culture  a  aussi  produit  l'ethnocentrisme  et  la  barbarie  qui  l'accompagne presque toujours. Faut-il donner raison à Freud qui pense que nous n'avons créé la civilisation que pour nous protéger de notre animalité ? Pour le père de la psychanalyse, si la culture nous rend plus humain, c'est en nous contraignant, en nous obligeant à canaliser notre animalité dans des règles, des lois, des codes. Nous ne sommes donc plus humains qu'en surface, mais dans le fond de l'homme reste tapie l'agressivité première. Qu'on lise Schopenhauer, Kant ou même que l'on écoute une chanson de Fernandel « la politesse », on en vient à se demander si la morale n'est pas tout juste un vernis que l'on met sur nos instincts et qui peut craquer à tout moment. Ainsi, au regard de l'histoire d'hier et d'aujourd'hui, il ne semble pas que la culture nous rende plus humain. Elle peut même être une excuse à l'inhumanité. Elle peut en servir la cause. Pourtant, qu'avons-nous d'autres pour cultiver cette perfectibilité qui fait notre spécificité ?

  

Si l'homme ne peut se départir de son animalité, de sa violence, de  son  agressivité…  La question reste alors de faire coïncider animalité et humanité ? Comment la culture pourrait-elle nous y aider ?  Et  quelle  culture ?  Ne faut-il  pas revenir  à ces  questionnements  que sont  les  mythes pour retrouver la conscience d'appartenir à une même espèce. Platon à travers le mythe de Prométhée nous rappelle que nous sommes des êtres à part puisque nous avons été dotés de l'intelligence. Cette intelligence qui fait de nous des« sapiens demens » selon l'expression d'Edgar Morin, c'est-à-dire des êtres capables de réaliser leurs désirs, de changer leur environnement et eux mêmes. Des êtres de conscience aussi comme nous le rappelle Sisyphe. Sisyphe n'est ni blanc ni noir  ni musulman ni catholique ni chinois ni turque… Sisyphe est homme. Et il  nous  rappelle  que  nous sommes tous embarqués dans la même aventure : trouver du sens. La culture devrait nous apprendre à nous rappeler sans cesse que l'homme est homme avant que d'être d'un pays, d'une religion… C'est en ayant conscience d’appartenir à une même espèce conjuguée à des modes et à des temps différents que nous pouvons revendiquer humain. C'est en reconnaissant l'homme dans la diversité de ses cultures que nous devenons plus humains. Ce que la culture peut nous apprendre, ce qu'elle devrait nous apprendre, c’est cette similitude dans la différence. Les croyances (en tant qu'elles sont des réponses possibles) sont différentes mais les questions sont les mêmes. Il ne s'agit pas de tout accepter. Mais il s'agit d'accepter ce qui nous rend humain. Il est peut-être temps aussi que l'homme se souvienne qu'il est lui aussi un être naturel et qu'en croyant mettre la nature à son service, qu'en croyant être capable de la dominer, il oublie qu'il en est lui aussi dépendant  et  qu'il  en  fait  partie.  Une  culture  qui  nous  rendrait  plus  humain  serait  sans  doute  une culture qui prendrait en compte ces aspects.  Assurément, c'est par la culture que nous avons développé notre humanité. C'est par l'interaction avec d'autres hommes que nous avons développé un langage complexe, que nous avons bâti des villes et des civilisations, que nous avons fait progresser la médecine, la science…

Et c'est aussi au nom de la culture que des civilisations ont  anéanti  d'autres  civilisations,  que  la barbarie s'est érigée en système, que nous avons oublié que nous faisions partie d'une même espèce. La culture peut donc à la fois nous rendre plus humain et moins humain parce qu'elle ne nous départit pas tout à fait de notre animalité. (conclusion à finir)

 

 

 

3.5      RAPPEL       STRUCTURE  TYPE  (  DISSERTATION  OU   ESSAI)…

 Intro*

a)    Ouverture

b)    finition

c)     Problématique

d)    annonce du plan

 

 

Développement (structure au brouillon)

 

  1. I.               Titre de la 1ère partie (au brouillon, pas sur la copie !)

§§ I.1 1er  argument (idée) +   Exemples

Transition…

 

§§ I.2 2ème  argument + Exemples

Transition…

 

  1. II.             Titre de la 2ème partie

§§   II.1 1er  argument (idée) +  Exemples Transition…

 §§   II.2 2ème  argument + Exemples Transition…

 

  1. Titre de la 3ème partie

(Pour l’essai 2 parties suffisent souvent)

§§  III.1 1er  argument (idée) +   Exemples

 

Transition…

§§  III.2 2ème argument + exemples

 

Conclusion :

-     Reprendre les éléments essentiels

-        Donner son avis.

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