Le commentaire

METHODOLOGIE COMMENTAIRE

 

la lecture du texte

 

1        METHODOLOGIE (1ER E  PARTIE)

1.1    LE COMMENTAIRE

 1.1.1   CONSEILS METHODOLOGIQUES POUR LE COMMENTAIRE

Ce type de sujet se compose :

  • D’un texte de philosophe
  • De 2 ou 3 questions sur le texte
  • Dernière question : toujours un essai (mini-dissertation)

Vous pouvez traiter le sujet même si vous ne connaissez pas l’auteur

1ère question : Il s’agit le plus souvent de « dégager la thèse du texte » et « donner la structure du texte »(voir exemples de corrigés)ou son argumentation.

 

  1. Repérer la thèse

Une lecture attentive du texte vous permettra de comprendre le texte, de repérer la thèse, de voir la structure du texte.

Armez-vous d’un stabilo et d’une feuille de brouillon

  • Au stabilo, repérez les mots-clés et les connecteurs  logiques (Donc, si bien que, car, mais…)
  •  Pour chaque phrase qui vous parait importante : numérotez-là et résumez-la au brouillon.
  • Si ça convient à votre fonctionnement mental, vous pouvez (au brouillon) faire un schéma du texte.

 

B.  Développer la thèse : ce qui ne veut pas dire « répéter » ou « recopier ».Certes vous pouvez utiliser un mot ou deux du textes mais pas plus.

Il s’agit d’expliquer ce que vous avez repéré comme thèse.

 

C.  Donner la structure du texte

Faire apparaitre les articulations principales et les différents arguments. Il ne s’agit pas de découper le texte en 50 parties !! (2ou 3 en général)

Il faut montrer comment et pourquoi les arguments s’articulent entre eux.

 

2ème question :

  • Il s’agit soit d’expliquer une expression du texte soit de définir un mot du lexique philosophique
  • Toujours expliquer les mots ou expressions par rapport au texte et en le reliant à celui-ci

 

Dernière question :

  • La plus payante (en terme de points). On attend de vous  une mini dissertation inspirée par le texte.
  • La question qui vous est posée attend une réponse  argumentée et structurée.Vous pouvez partir de la thèse du texte qui vous a été donné.
  • Votre réponse doit être construite comme une dissertation !! En plus court…
  • Comme on ne fait rien à partir de rien…On ne peut pas non plus faire un devoir de philo à partir de rien ! Il est donc nécessaire d’avoir un minimum de connaissances, au moins pour pouvoir confronter ses propres idées à quelque chose d’autre que… ses propres idées. (Voir la méthodologie de la dissertation)

 

A NE PAS FAIRE :

  • Paraphraser le texte…Inutile de dire en moins bien ce qui est déjà dit !!
  • Partir dans un délire personnel…Il ne s’agit pas ici de donner son avis mais bien de montrer que vous êtes capables de comprendre ce qu’a voulu dire l’auteur. Donc pas de broderie hors-sujet. Vous n’êtes pas noté à la quantité de mots

 

1.1.2   EXEMPLE DE COMMENTAIRE

 Lisez attentivement le texte ci-dessous

Il n’est pas plus naturel ou pas moins conventionnel de crier dans la colère ou d’embrasser dans l’amour que d’appeler table une table. Les sentiments et les conduites passionnelles sont inventés comme les mots. Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans le corps humain  sont en réalité des institutions1.

Il est impossible de superposer chez l’homme une première couche de comportements que l’on appellerait « naturels » et un monde « culturel » ou spirituel et fabriqué. Tout est fabriqué et tout est naturel chez l’homme comme on voudra dire, en ce sens qu’il n’est pas un mot, pas une conduite qui ne doive quelque chose à l’être simplement biologique, et qui en même temps ne se dérobe à la simplicité de la  vie animale, ne détourne de leur sens les conduites vitales, par une sorte d’échappement et par un génie de l’équivoque qui pourrait servir à définir l’homme.»

 

Maurice Merleau-­‐Ponty

 

 

II.Questionnnement

1.Dégagez la thèse et les articulations du texte

La thèse : C’est l’idée essentielle qui est défendue par l’auteur du texte. Ici, une lecture attentive permet de dégager l’idée suivante :

 Il est impossible de dissocier, dans l'être humain, le naturel du culturel : "Tout est fabriqué et tout est naturel chez l’homme." et c’est précisément ce qui le définit. L'homme est donc en même temps nature et culture.

 

Les articulations : Il s’agit ici d’expliquer comment est organisé le texte, dans quel ordre apparaissent les idées et comment elles sont articulées entre elles.

a)  Paradoxe :

Le texte montre d’abord un paradoxe entre ce que l’on croit naturel et ce que l’on croit culturel…

Des situations qu’on croit appartenir à la nature    sont en réalité fortement« conventionnels » et appartiennent à la culture (émotions, langage, paternité). Les manifestations liées à la colère ou à la peine…sont « apprises », imitées d’une génération à l’autre. De plus ces expressions sont influencées par des traditions. De même pour la paternité : Le père n’est pas toujours le père biologique (il y a d’ailleurs des sociétés dans lesquelles le père ne joue aucun rôle éducatif pour son propre enfant. Le rôle du père varie d’une société à une autre selon que cette société est patriarcale ou matriarcale (selon que l’autorité revient à la mère ou au père). Ce rôle est appris par éducation.

 

1 « Chez les indigènes des îles Tropbriand, la paternité n’est pas connue. Les enfants sont élevés sous l’autorité de l’oncle maternel. Un mari, au retour d’un long voyage, se félicite de trouver de nouveaux enfants à son foyer. Il prend soin d’eux, veille sur eux et les aime comme ses propres enfants. Malinowski, The father in primitive psychology, cité par Bertrand Russel, Le Mariage et la Morale, Gallimard, 1930, page 22. »

Quant au langage qu’on considère communément comme appartenant à la culture, il relève pour MP de ce qui est naturel (pour MP). Pour lui la capacité linguistique est innée. L’être humain utilise spontanément la communication linguistique.

 

b)  Généralisation :  Après avoir montré la difficulté à différencier ce qui appartient au culturel et ce qui appartient au naturel, M.P généralise son propos et expose sa thèse : Tout est naturel et tout est culturel…

Le naturel et le culturel sont deux éléments inséparables qui se mélangent, fusionnent. Il

n’existe pas, pour l’homme, une dimension séparée de la vie humaine qui serait spécifiquement animale. On ne peut ainsi, écrit Merleau-Ponty, « superposer chez l’homme une première couche de comportements que l’on appellerait “naturels” et un monde culturel ou spirituel fabriqué ». Si tout est à la fois naturel – on ne peut échapper à la condition biologique de l’existence –, tout n’en est pas moins culturel, du comportement le plus élémentaire à la dimension la plus spirituelle.

 

c)  Conclusion : Le texte débouche sur une definition de l’homme

Donc…  Si notre nature est culturelle, et que notre culture est naturelle, nous sommes en quelque sorte des animaux « dénaturés ». L’homme se définit par cette double composante indissociable. Pour l’auteur, les termes de « fuite », de « dérobade », de « détournement de sens » décrivent au plus près cette « sorte d’échappement » de l’humain vers ce qui peut le définir. La dernière phrase du texte évoque la condition ambiguë de l’humain qui ne peut que se dérober « à la simplicité de la vie animale » ou détourner « de leur sens les conduites vitales ». La définition de l’homme enfin comme « génie de l’équivoque » montre le passage d’un ordre à l’autre par substitution. Cela relève du mystère de l’humain indéfinissable une fois pour toutes dans un statut clair et définitif au comportement prévisible.

  

3. Expliquez pourquoi l’on pourrait définir l’homme « par une sorte d'échappement et par un génie de l'équivoque »

La condition humaine est échappement en ce sens que l’homme s’éloigne de la vie animale et détourne de leur sens les « conduites vitales ». Ainsi, de la nécessité de la procréation, nait l’érotisme…De la nécessité de se nourrir, nait la gastronomie.. « L’échappement » qui caractérise l’homme vient de la complexité  des relations  qu’il entretient avec son milieu. L’homme donne un sens, c’est-à-dire une finalité à sa vie, et en donnant un sens, il sort, « s’échappe » du purement biologique. Il fait « quelque chose d’autre » de ce purement biologique.

 Quant au « génie de l’équivoque » , il tient à la capacité humaine de trouver des sens possibles à son existence : l’homme n’échappe pas à la mort mais il invente (il fait l’hypothèse de…) Dieu et la vie éternelle, il invente l’art … Il accède au symbolique et toute conduite humaine est donc duelle : il y a cause naturelle mais en même  temps recherche de sens, donc finalité culturelle.